L’igherm en 1931

Igherm_nOugdal_inter

La construction du grenier d’Ighrem n’Ougdal, (ougdal se traduit par prairie, aire de pâturage), date de la fin du XVIIe siècle. Il était également utilisé par les villages avoisinants (Alezdaz, Taourirt, H’lou, Melladi) pour y conserver des denrées périssables (orge, blé, maïs, laine, beurre, miel, noix, amandes, légumes sèches : navets et carottes…) ainsi que des archives et objets précieux (bijoux, etc.). Il y a 84 cases sans compter celles des tours au nombre de 12, qui servent pour la surveillance.
Le grenier était géré par le conseil du village dont les membres devaient être âgés de plus de quarante ans et où tous les lignages étaient représentés . Ce conseil jouait également le rôle de témoin lors des différentes transactions et s’occupait également de l’organisation des travaux collectifs (entretien du grenier, de bassins d’irrigation et canalisations, chemins de montagne, gestion des pâturages, etc.) Les réunions du conseil du village se tenaient deux fois par an lors des fêtes religieuses et tous les vendredis après-midi pour la gestion des conflits entre villages.
Les prélèvements sur les récoltes étaient effectués avant l’entreposage dans les cases. L’opération s’effectuait dans le bac qui se trouvait au centre du grenier. Il y avait quatre types de prélèvement par année: Le zakat imposé par la religion musulmane au profit de la population nécessiteuse représente 1/10 de l’ensemble de la récolte; la part de l’imam de la mosquée est d’une ration (environ 1 kg) d’une des récoltes pour chaque couple de jeunes mariés de chaque famille; la part du gardien est égale à celle de l’imam; la part des trois marabouts.

Source : Mohamed Boussalh et Mustapha Jlok (CERKAS, Ouarzazate)

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